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Début septembre 2019, le Centre pour la Finance et le Développement de l’université de Tsinghua publiait, en collaboration avec Vivid Economics et la fondation Climate Works, un rapport sur l’impact des routes de la Soie et la décarbonation. Suite à ce rapport, les médias du monde entier ont alerté des menaces que présentait la BRI sur l’environnement. Si les chercheurs de Tsinghua constatent bien que certains projets menés dans le cadre de la BRI ont un impact sur le réchauffement climatique, leurs conclusions sont plus positives et appellent les promoteurs des nouvelles routes de la Soie à orienter leurs projets vers une économie plus verte.

Selon cette étude, les 126 états (Chine exceptée) qui font, à ce jour, partie de l’initiative « Belt and Road » représentent 28% des émissions de dioxyde de carbone, mais pourraient émettre près des deux tiers des émissions globales en 2050 s’ils suivent le modèle de développement conventionnel. Dans ce cas le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C même si le reste du monde respectait l’ensemble des accords de Paris sur le climat.

Pour les chercheurs de ce consortium, dans l’état des choses, même si les pays participants à la BRI adoptaient un modèle de développement plus propre, ils ne pourraient pas atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat.

Il n’est cependant pas possible de refuser aux pays en développement d’accéder à un niveau de développement plus élevé. Le manque d’infrastructure est une faiblesse criante dans certains pays de la BRI, et devrait être encore plus aigu à mesure que ces états s’urbanisent. BRI ou non, les états en développement chercheront à se doter des infrastructures nécessaires à la prospérité de leur population. Contrairement à ce qui est présenté dans certains médias, ce n’est pas la BRI en elle-même qui pourrait accroître le réchauffement climatique.

Pour les chercheurs de Tsinghua, la BRI pourrait même être une opportunité pour développer une croissance plus verte à la condition que la question environnementale soit prise en compte dès maintenant dans l’ensemble des projets « Belt and Road ».

En fait, ce rapport montre que la BRI pourrait être un formidable outil pour développer une croissance plus verte à la condition que les investissements innovants s’intensifient dans les secteurs les plus gourmands en carbone tels que l’énergie, les transports, la construction. Selon ce rapport, à eux seuls, les 17 états clefs de la BRI nécessiteront des investissements verts à hauteur de mille milliards de dollars dans les énergies propres à l’horizon 2050. Pour financer ces projets, les états de la BRI devront se tourner vers les acteurs privés de la finance verte.

Priorité à la finance verte

Les auteurs de ce rapport appellent donc les autorités des états en développement de la BRI à mettre en place rapidement leur plan concernant la finance verte (de nombreux états d’Asie ont déjà lancé des stratégies relatives à la finance verte, mais celles-ci ne sont pas encore complètement appliquées). Pour les auteurs, il est nécessaire que les états mettent en place des organismes de vérification pour réguler la finance verte, pour éviter un phénomène de « green washing ».

Les chercheurs de Tsinghua demandent aussi aux autorités financières des états de la BRI une plus coordination de leurs politiques relatives à la finance verte pour fluidifier les échanges, et espèrent que les états de la BRI développeront rapidement des règlementations précises concernant la finance verte. Ils regrettent cependant que les produits de la finance verte ne soient pas assez attractifs pour les investisseurs.

Le rapport souligne aussi la priorité qui doit être donnée à l’application des principes d’investissements verts pour la BRI développés en novembre 2018. De nombreuses banques chinoises et étrangères se sont engagées à les respecter, mais il faut chercher l’adhésion de nouvelles banques.

Les auteurs insistent aussi sur la nécessité de mieux faire connaitre la finance verte dans les états de la BRI au niveau national, mais il est aussi nécessaire de développer la coopération internationale dans ce secteur.

Pour l’équipe de Tsinghua, il faut créer une plateforme de la finance verte pour les états de la BRI qui pourrait fonctionner dans le cadre de l’ONU. Enfin ce rapport suggère que la Chine, qui a aujourd’hui définit des critères très stricts pour son marché domestique respecte les mêmes critères pour l’ensemble de ses investissements dans les états de la BRI.

Cette étude montre qu’il y a urgence pour les états de la BRI à répondre au défi environnemental et presse l’ensemble des acteurs de la BRI à approfondir leurs efforts pour le développement de la finance verte. En déployant rapidement des critères environnementaux dans l’ensemble des états, la BRI peut aider à une réduction du changement climatique.

La Chine, signataire de l’accord de Paris sur le climat devrait rapidement prendre en compte les recommandations formulées dans ce rapport et conserver son leadership dans le développement durable.   

Ce rapport est disponible en ligne.

Le défi environnemental de la BRI
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