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Les 17 et 18 janvier 2019, le président chinois a effectué une visite d’état au Myanmar pour marquer le 70e anniversaire des relations entre les deux pays. Xi Jinping a pu ainsi discuter avec la conseillère spéciale de l’état Aung San Suu Kyi de l’avancement de certains projets de la BRI au Myanmar. Lors de cette visite, 33 accords ont été signés entre les deux pays, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des transports, des médias. Après cette visite, un nouveau souffle devrait être donné au corridor Chine-Myanmar.

Les trois projets prioritaires

Dans un communiqué publié dans les trois principaux journaux du Myanmar la veille de son arrivée, le président Xi Jinping annonçait de nouveaux efforts pour développer les trois piliers du corridor Chine Myanmar.

1) La zone économique spéciale de Kyaukpyu. En 2015, un consortium chinois mené par CITIC obtient le projet de construction de ce port en eau profonde. Après plusieurs années de négociations, sa construction devrait commencer prochainement, et le port devrait être opérationnel pour 2025. Il sera complété par une zone économique spéciale ; celle-ci permettra d’attirer de nouvelles activités et permettre le développement économique de l’état de Rakhine, l’une des régions les plus pauvres du Myanmar.

2) Le second point concerne la zone de coopération économique frontalière sino-birmane Muse-Ruili. Il s’agit de développer le commerce frontalier dans les régions du nord du Myanmar et renforcer la stabilité de la région.

3) Le troisième projet a pour objectif d’accélérer le développement de « New Yangon City ». Yangon, la capitale commerciale du Myanmar fait face à une rapide expansion démographie et est proche de la saturation. En 2018, l’entreprise chinoise  « China Communications Construction Company » (CCCC) se voyait confier le chantier de « New Yangon City » qui devrait abriter 1,2 millions d’habitants en 2050. Ce nouveau district offrira des zones d’habitations, de commerce et d’industrie avec la création d’une zone économique spéciale.   

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L’ensemble des projets du corridor Chine Myanmar devrait être connectés entre eux par une ligne ferroviaire Kunming-Kyaukpyu.  Cette nouvelle ligne devrait suivre en partie le tracé du pipeline en opération entre la Chine et le Myanmar depuis 2017. Un premier projet de ligne ferroviaire avait été lancé en 2011 avant d’être abandonné en 2014, et réapparaitre par la suite avec le développement de la BRI.

Cette ligne a plusieurs objectifs. Elle devrait premièrement permettre de développer les exportations birmanes vers la Chine, et notamment les exportations de produits agricoles. Cette ligne permettra aussi d’exporter des produits industriels fabriqués dans les nouveaux parcs industriels birmans, mais aussi d’accélérer le développement du tourisme chinois au Myanmar. Les visiteurs chinois forment déjà le groupe le plus nombreux au Myanmar.

Un partenariat gagnant-gagnant

Ce corridor est stratégique pour la Chine car il permet de créer une alternative au détroit de Malacca, ce qui pourrait faciliter les transports entre le sud de la Chine et l’Asie méridionale. Ce corridor vise aussi à affirmer le rôle de Kunming comme hub principal entre la Chine et les états du Sud-est asiatique. La capitale du Yunnan doit aussi être reliée au Laos, Vietnam et Thaïlande ; cela devrait permettre d’accroitre l’internationalisation des entreprises des provinces du sud-ouest de la Chine.  

Pour le Myanmar, l’objectif de ce corridor est de rendre le pays plus attractif pour les investisseurs étrangers. Le Myanmar a pendant longtemps souffert de sanctions économiques avant la mise en place de réforme à partir des années 2010. Mais la gestion de la crise des Rohingyas a affaibli la diplomatie birmane. Les accusations qui pèsent sur le régime birman ont poussé des états occidentaux à adopter de nouvelles mesures à l’encontre de certains dirigeants birmans et affaiblissent l’attractivité du Myanmar.

Les investissements chinois sont donc les bienvenus dans le pays. Les nouvelles infrastructures créées par le corridor Chine Myanmar pourraient aussi inciter d’autres entreprises à examiner plus attentivement les opportunités que proposent ce pays. Les entreprises de Singapour (premier investisseur au Myanmar devant la Chine) espèrent profiter du boom des infrastructures du pays pour exporter leur expertise et participer à ce corridor.

Visite d’état de Xi Jinping au Myanmar : un renforcement de la BRI
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