Après la Tunisie et le Maroc, l’Algérie devrait elle-aussi  rejoindre l’initiative chinoise de la “Belt and Road”. Le 31 mars 2018, lors de la célébration du 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, l’ambassadeur de Chine à Alger, Yuang Guangyu, annonçait un prochain accord qui officialiserait la participation de l’Algérie à la BRI.

Après des premiers investissements chinois en Algérie, Beijing avait semblé préférer le Maroc pour développer ses intérêts en Afrique du nord.  En janvier 2018, l’université marocaine Hassan 1er l’université chinoise du Ningxia  s’accordaient pour la création prochaine d’un institut de recherche dédié à la BRI.

Mais Beijing n’oublie ses relations privilégiées avec Alger. L’Algérie est une destination majeure des investisseurs chinois en  Afrique. La Chine, notamment à travers des entreprises de la construction, est au premier rang des investisseurs étrangers en Algérie (2016). La participation d’Alger à l’initiative “Belt and Road” devrait permettre de créer de nouvelles opportunités de développement en Algérie et créer de nouveaux emplois alors que le pays souffre actuellement d’un taux de chômage élevé (taux officiel de 11,6% en 2017).

L’Algérie fait aussi face au défi de la diversification. Son économie est toujours très dépendante de son secteur des hydrocarbures (qui représente près de 35% de son PIB). Le FMI encourage Alger à continuer ses réformes pour faire émerger de nouveaux secteurs. Les projets liés à la BRI pourraient favoriser cette diversification et amener plus d’investisseurs chinois et étrangers en Algérie.

Un autre point est celui des infrastructures. La BRI pourrait permettre à l’Algérie de renforcer sa position de hub en Méditerranée entre l’Europe et l’Afrique, et de faciliter le développement d’infrastructures déjà existantes.

Dès les années 1960, sous l’impulsion de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, un projet de routes transsahariennes voit le jour pour connecter les ports du golfe de Guinée au Maghreb et désenclaver les pays du Sahel. L’axe Alger-Agadez-Lagos est presque entièrement réalisé, et devrait bientôt permettre de développer les échanges des deux cotés du Sahara. De nouvelles infrastructures devront encore être construites pour développer ces routes.

D’autre part pour que la Transsaharienne soit réellement un succès, l’ensemble de la communauté internationale, y compris la Chine, devront aussi poursuivre leurs efforts pour assurer la sécurité sur ces routes et lutter contre le terrorisme

L’intérêt de l’Algérie pour la BRI ne doit pas être considéré comme un obstacle pour les entreprises européennes. Les projets des nouvelles routes de la Soie en Algérie devraient accompagner le développement de ce pays du Maghreb et ainsi créer de nouvelles opportunités pour les entreprises de la rive nord de la Méditerranée, et renforcer la connectivité de l’Europe jusqu’à l’Afrique sub-saharienne.

L’Algérie sur les nouvelles routes de la Soie
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