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Fin décembre 2019, l’ambassadeur chinois en poste à Paris, M. Lu Shaye a invité la France et l’Union Européenne à rejoindre les nouvelles routes de la Soie.

Quelle est la position de l’Europe et des états européens ?

Aujourd’hui, bien qu’une majorité d’états membres de l’UE ont déjà franchi le pas, la France et plusieurs états d’Europe occidentale dont l’Allemagne et l’Espagne refusent de participer officiellement à ce projet de connectivité.

Pour sa part, l’UE a lancé son propre projet en partenariat avec le Japon en septembre 2019, tout en s’engageant à travailler avec la Chine sur les nouvelles routes de la Soie. La position européenne reste cependant confuse et nécessite donc un engagement plus clair.

Pour notre plateforme OBOReurope, l’appartenance de la France et de l’UE à l’initiative « Belt and Road » serait une excellente nouvelle qui permettrait d’accélérer le développement entre nos deux régions.

Quels objectifs ?

Cependant, il est nécessaire que les Européens s’interrogent sur les objectifs qu’ils veulent atteindre à travers la BRI. Ainsi, bien que la signature d’un mémorandum d’entente entre la France et la Chine officialiserait la participation française dans cette initiative, elle ne serait pas suffisante pour réellement impliquer la France dans la BRI. Les Mémorandums d’entente signés entre la Chine et certains européens tels que l’Italie, restent vagues sur les obligations des parties.

Pour beaucoup d’états européens, l’appartenance à la BRI est vue comme un moyen d’attirer de nouveaux investisseurs chinois, mais peu d’entre eux ont une réelle compréhension de la BRI, et il n’existe malheureusement pas de stratégie européenne sur ce sujet. Ce qui peut créer une situation de concurrence entre villes et territoires européens, comme nous l’avons déjà indiqué par exemple en mer adriatique.

Ainsi, la tenue le même jour, le 19 décembre 2019, à Paris et Marseille de deux forums sur les nouvelles routes de la Soie montre que les Français avancent en ordre dispersé sur les nouvelles routes de la Soie.

Pour Marseille, l’objectif est de devenir le principal hub de la BRI en Méditerranée occidentale, mais il va sans dire que d’autres ports voisins partagent la même ambition, tels que Gênes en Italie, ou Valence en Espagne. Sans coordination, ces efforts locaux auront plus de difficulté à aboutir. Il faut comprendre que lorsque la Chine investit au Pirée, ses entreprises ne sont pas intéressées seulement par le marché grec mais par l’ensemble des Balkans. La coordination en Méditerranée occidentale est donc nécessaire pour formuler une réponse à la BRI. Sans investissements conséquents dans l’intermodalité, les ports de la Méditerranée auront des difficultés à capter le trafic venant de la BRI. Cette compétition inter-ports existe bien sût en Chine, mais cette concurrence est limitée par directives formulées par Beijing qui a une réelle vision à long terme. Au contraire, de nombreux états européens se contentent de bénéfices à très court terme.

Ouvrir les horizons

Enfin, la vision européenne de la BRI reste centrée sur l’Europe, et les opportunités créées par la BRI sur les autres continents ne sont pas assez perçues.

S’il existe dans certains pays européens comme la France et l’Italie, un intérêt pour le développement des routes de la Soie en Afrique, il est souvent étudié sous les seuls angles de la coopération et de la géopolitique, et n’examine pas assez le dynamisme de ce continent et son fort besoin en infrastructures.

De même, l’UE ne semble que peu présente sur les corridors les plus importants de la BRI, par exemple, les états européens n’ont pas (encore) défini de stratégie spécifique sur le corridor économique Chine Pakistan, pourtant le corridor le plus avancé de la BRI.  Les états du Golfe ont, au contraire, une stratégie pour s’intégrer plus largement dans l’initiative « Belt and Road ».

Il est temps pour les capitales européennes d’étudier la BRI dans son ensemble et de définir une vision globale pour les nouvelles routes de la Soie.

La Chine est régulièrement accusée de vouloir diviser l’Union Européenne sur la question de la BRI, mais c’est aux nations européennes d’adopter une position unie afin de défendre les intérêts de l’ensemble de ses membres. La Chine avance vite sur les nouvelles routes de la Soie, l’Europe ne doit pas se laisser distancer, mais participer activement à ce projet.

La France et l’UE rejoignant la BRI en 2020, quelles possibilités, quels défis ?
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