Le 9 décembre 2017, le Sri Lanka a accordé une concession de 99 ans sur les activités commerciales du port de Hambantota à l’entreprise chinoise “China Merchants”. Cette acquisition est une nouvelle étape dans le développement de l’initiative “Belt and Road”. Grâce à cette opération, le Sri Lanka voit, d’une part, sa dette diminuer et devient plus attractif pour les investisseurs étrangers.

Un accord financier

Cette opération permettra au Sri Lanka d’alléger une partie de sa dette contractée auprès d’entreprises chinoises, qui s’élève à près de 6 milliards de dollars.

En échange de cette concession, le gouvernement sri-lankais recevra 1,12 milliards de dollars de la part du groupe “China Merchants”. Le groupe chinois a déjà versé 292 millions de dollars. Une autre transaction d’environ 100 millions de dollars sera effectuée début janvier 2018, et enfin un dernier versement de 585 millions de dollars sera réalisée durant le premier semestre 2018. “China Merchants” devriendra alors actionnaire à 70% du port commercial de Hambantota.

Cet accord a semé le trouble chez certains observateurs qui craignent une atteinte à la souveraineté de l’île; cependant, cette opération peut aussi être considérée comme une formidable opportunité pour le Sri Lanka d’intégrer le commerce maritime mondial. Le nouveau port de Hambantota a été construit en 2010 grâce à un prêt contracté au près de la banque chinoise China Ex-Im, mais ce port n’a pas réussi à s’imposer dans les échanges mondiaux.

Grâce à cette opération, le port de Hambantota va bénéficier de l’expertise et du réseau du groupe China Merchants Port Holdings qui opère de nombreux ports en Chine (Qingdao, Dalian, Shenzhen, Hong Kong…) et dans le reste du monde (Djibouti, Lomé…).

De nouveaux investissements en perspective

L’intérêt de la Chine pour ce port incite les autres puissances régionales à investir dans la région. Un groupe indien a fait part de son intention de racheter l’aéroport de Hambantota, qui lui aussi avait été construit grâce à des capitaux chinois. Cet aéroport, construit en 2013, a longtemps été critiqué et qualifié d’éléphant blanc car il ne répondait à aucune demande locale, et donc son trafic est très faible. Cependant, l’essor du port de Hambantota pourrait booster le développement de cette région du Sri Lanka.

En novembre 2017, la Chine et le Sri Lanka ont inauguré un parc industriel à Hambantota, dans la zone spéciale de Ruhunu. Le développement de ce parc (Sri Lanka – China Logistics and Industrial Zone), d’environ 500 hectares devrait créer de l’activité au port de Hambantota. Les entreprises chinoises devraient y investir près de 5 milliards de dollars sur trois ans. Le gouvernement sri-lankais a affirmé vouloir attirer en priorité les entreprises  dans les secteurs agricoles et miniers, ainsi que dans celui de la construction navale, et espère ainsi créer de nombreux emplois dans la région.

Quelle place pour l’Europe?

Si la Chine investit largement dans le port de Hambantota et son parc industriel, d’autres états pourraient aussi bénéficier de cette opération. Le développement des infrastructures au sud de l’île pourrait favoriser les investissements d’autres entreprises étrangères.

L’Union Européenne était en 2016, le premier partenaire commercial du Sri Lanka, juste devant la Chine. Mais les échanges entre l’Union Européenne et le Sri Lanka sont déséquilibrés: Bruxelles affiche un déficit commercial de  près de 1,2 milliards d’euros avec Colombo.

Le développement du port de Hambantota pourrait renforcer le poids du Sri Lanka dans le commerce mondial. Grâce aux investissements chinois, ce port est voué à devenir l’une des escales majeures entre l’Europe et la Chine.

 

Le port d’Hambantota opéré par “China Merchants”
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