A l’occasion du 40e anniversaire du traité de paix et d’amitié sino-japonais, le 19 décembre 2017, le premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré vouloir renforcer les relations entre les deux pays.

Cette annonce pourrait éventuellement déboucher sur une participation japonaise à l’initiative “Belt and Road”.

Lors du sommet de l’APEC au Vietnam, en novembre 2017, Shinzo Abe s’était entretenu avec le président chinois Xi Jinping et avait déjà émis le souhait de développer la coopération entre le Japon et la Chine. Le premier ministre japonais mentionnait aussi l’initiative des nouvelles routes de la Soie lors d’une conférence de presse au sommet de l’ASEAN à Manille le 14 novembre 2017. Début décembre, le gouvernement japonais annonçait qu’il participerait au financement des projets liés au développement durable dans le cadre de l’initiative “Belt and Road”.

Cette nouvelle marque une rupture dans la politique japonaise. Jusqu’alors, Tokyo poursuivait ses propres objectifs pour faire renaître les anciennes routes de la Soie. Le Japon travaillait notamment en collaboration avec l’Inde pour développer des projets d’infrastructures en Asie et dans le reste du monde. Les deux états ont lancé ainsi le “Corridor de Croissance Asie Afrique” (Asia-Africa Growth Corridor) en mai 2017. D’autre part, le Japon a  conclu des accords dans le transport ferroviaire au Kazakhstan et prévoit  d’investir dans le réseau ferroviaire indonésien.

Le rapprochement avec Beijing sur la question des routes de la Soie témoigne aujourd’hui de la prédominance et de l’avancée du projet chinois. L’initiative “Belt and Road” apparaît donc à l’ensemble de la communauté internationale comme un programme incontournable.

L’abandon possible par le Japon de son projet rival, et la coopération avec l’ensemble des états de l’initiative “Belt and Road” permettront d’accélérer la réalisation des projets et d’éviter la réplication d’infrastructures le long des nouvelles routes de la Soie.

Vers une coopération sino-japonaise?

La participation du Japon  aux nouvelles routes de la Soie pourrait devenir l’acte fondateur d’une possible réconciliation entre la Chine et le Japon. Les deux états ont connu des périodes de tensions notamment en raison de disputes maritimes. L’initiative “Belt and Road”, à travers ses objectifs ambitieux, permet de dépasser les querelles du passé.

L’inclusion du Japon dans le projet “Belt and Road” inciterait probablement des états encore hostiles à ce projet comme l’Inde et les Etats-Unis, à revoir leur position.

La position de l’Europe

D’une part, le rapprochement  entre la Chine et le Japon est l’occasion pour l’Union Européenne de partager son expérience dans le domaine de l’intégration régionale et de devenir un interlocuteur privilégié dans la coopération en Asie.

D’autre part, après la déclaration de Shinzo Abe, l’Union Européenne doit réaffirmer sa volonté de participer activement à l’initiative “Belt and Road” et devenir une force de proposition pour les projets des nouvelles routes de la Soie.

Le Japon prêt à rejoindre l’initiative “Belt and Road”?
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