par Dr. Sébastien Goulard

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Fin juillet, les autorités birmanes ont choisi de diviser certains appels d’offre concernant la construction de la nouvelle ville de Yangon, un projet de la BRI au Myanmar. Cette décision pourrait permettre à des entreprises étrangères, dont les Européennes de participer à la construction de cette nouvelle ville.

Le Myanmar et la BRI

De nombreux projets de la BRI devraient être poursuivis au Myanmar. Le corridor Economique Chine Myanmar qui reliera Kunming, capitale du Yunnan à l’océan indien est un segment important des nouvelles routes de la Soie ; il permettra ainsi de mieux connecter les régions du sud-ouest de la Chine au commerce mondial, tout en évitant le détroit de Malacca. Pour le Myanmar, la réalisation de ce corridor permettra de moderniser les infrastructures du pays alors que certains investisseurs étrangers hésitent à opérer dans le pays en raison de la crise des Rohingyas. Dans ce pays pendant longtemps confronté à des mouvements sécessionnistes, les projets de la BRI permettront de mieux connecter les régions entre-elles.

Une forte présence chinoise

La mise en place des projets BRI au Myanmar est la conséquence d’une forte participation de la Chine dans l’économie birmane ; ainsi la Chine est depuis 2018 le premier partenaire commercial du Myanmar, et l’un des principaux investisseurs. La BRI intervient au bon moment au Myanmar alors que le pays a entamé son ouverture économique.

En janvier 2020, le président chinois Xi Jinping menait une visite officielle au Myanmar pour discuter de l’avancement des projets de la BRI et décidait avec les autorités birmanes d’accroître la coopération entre les deux pays. D’autre part, l’année 2020 devait marquer les relations sino-birmanes puisque 2020 était l’année du tourisme et de la culture entre le Myanmar et la Chine. Malheureusement, la crise de la Covid-19 a limité les festivités.

La nouvelle ville de Yangon

Au Myanmar, la réalisation de la BRI comporte plusieurs projets dont notamment celle du port de Kyaukpyu, sur le littoral occidental. Un autre programme concerne la création d’une ville nouvelle proche de l’ancienne capitale de Yangon. Yangon est aujourd’hui le principal centre économique du pays, mais avec l’ouverture du Myanmar, les infrastructures actuelles risquent de ne plus être suffisantes dans les prochaines années. C’est pourquoi les autorités ont lancé un projet d’aménagement sur l’autre rive de la rivière Yangon.

Il s’agit d’un projet relativement ancien, lancé en 2014, mais qui a été révisé à de nombreuses reprises, en raison de ses coûts élevés et des possibles risques d’inondation. 

Cette nouvelle ville devrait être un modèle de développement durable, avec une priorité donnée aux smart technologies. Elle devrait aussi être facilement connectée à Yangon.

Sa construction doit être menée en deux phases. La première phase, d’une superficie de 90 km² devrait se terminer en 2025. Le seconde, beaucoup plus ambitieuses et comprenant un nouveau port devrait être achevée pour 2050. A terme, la nouvelle ville de Yangon devrait abriter plus de 1,5 million d’habitants et s’étendre sur une superficie deux fois supérieure à celle de Singapour.  Mais ce projet, très ambitieux demande du temps, c’est pourquoi les autorités birmanes ont décidé de le faire évoluer encore une fois.

Le nouveau projet

Le nouveau projet de ville devrait donc être divisé en différents programmes comme l’a annoncé le ministre des investissements U Thaung Tun lors d’une conférence qui s’est tenue le 29 juillet 2020. En 2018, la « New Yangon Development Company » (NYDC), une entreprise contrôlée par l’état signait un contrat de 1,5 milliard de dollars avec l’entreprise chinoise « China Communications Construction Company » (CCCC) concernant la construction et l’aménagement de la future zone.

Le gouvernement birman n’a pas annulé cet accord, mais a choisi de diviser le projet, en créant des sous-projets qui seraient ouverts à d’autres entreprises suivant le principe du « défi suisse », c’est-à-dire qu’elles pourront remporter le marché si elles offrent de meilleures conditions que CCCC.

Le premier sous-projet qui est estimé à environ 800 millions de dollars, inclut un parc industriel, un pont, et plusieurs zones commerciales et résidentielles. Le gouvernement birman a demandé à plusieurs cabinets de consultants internationaux de superviser l’organisation de ce défi suisse afin d’accroître la transparence de ce projet.

Pour le directeur de la NYDC, Serge Pun, la construction de la nouvelle ville ainsi que celle des autres projets de la Bri devraient s’accélérer dans les prochains mois alors que dans ce contexte post-Covid19, le Myanmar aura besoin de créer de nouveaux emplois. C’est une des raisons pour lesquelles cette subdivision a été faite, pour ainsi construire rapidement une zone industrielle créatrice d’emplois.

Une volonté d’ouverture

Cette modification du projet de Yangon New City traduit aussi la volonté des autorités birmanes à ouvrir les projets BRI et à être plus transparents. En dehors de la nouvelle ville de Yangon, des entreprises asiatiques poursuivre leur expansion dans l’ancienne capitale. Ainsi début août, le japonais « Aeon Mall » a annoncé la construction prochaine d’un centre commercial géant à Yangon, ce qui traduit la confiance de cette entreprise dans l’économie birmane.

Le développement économique de Yangon devrait pouvoir attirer de nombreuses entreprises étrangères dont européennes.

Le Myanmar désireux d’ouvrir les projets BRI aux étrangers
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