L’éducation tient une place importante dans le programme chinois “Belt and Road”.  L’initiative chinoise a pour objectif de multiplier les échanges commerciaux entre la Chine et le reste du monde, mais ambitionne aussi de renforcer la coopération universitaire, la recherche, et les échanges d’étudiants. En 2015, a été inaugurée l’alliance des universités des nouvelles routes de la Soie réunissant une centaines d’établissements afin de développer des programmes communs. En Chine, plusieurs universités ont créé des départements spécifiques pour l’étude des nouvelles routes de la Soie, qui attirent de nombreux étudiants étrangers.

En février 2019, la Chambre de commerce britannique en Chine, a publié en coopération avec Venture Education, un rapport sur l’éducation dans l’initiative « Belt and Road », et  les opportunités créées par la BRI pour le secteur de l’éducation britannique. 

L’attractivité des universités chinoises

La Chine est devenue un acteur incontournable de l’enseignement supérieur. En 2017, la Chine a accueilli près de 500 000 étudiants étrangers, ce qui en fait la seconde destination mondiale après les Etats-Unis. Les étudiants étrangers, notamment en provenance de pays de la BRI sont de plus en plus nombreux à choisir d’étudier en Chine, notamment grâce à la mise en place de programmes dédiés et de bourses. Ces étudiants sont attirés par la qualité de l’enseignement en Chine. Selon le classement de  Shanghai pour 2018, 10% des meilleurs établissements au monde étaient en Chine (51 sur 500), mais aussi par les opportunités qu’offre un diplôme chinois de retour dans leur pays, sachant que la Chine est devenue grâce à son commerce et ses investissements l’un des partenaires principaux des états africains et asiatiques.  

La langue chinoise est de moins en moins une barrière à l’arrivée  des étudiants étrangers en Chine. D’une part, de nombreuses universités chinoises proposent des programmes en anglais. D’autre part, la langue chinoise connait un développement sans précédent à l’étranger. Cet essor est la conséquence du développement des instituts Confucius dans le monde, mais aussi du choix de nombreux pays d’offrir un enseignement de la langue chinoise à leurs étudiants. Ainsi, en 2018, l’Ouganda a choisi de rendre obligatoire l’apprentissage du chinois dans ses lycées. Une décision similaire a été adoptée par l’Arabie Saoudite, début 2019. Nul doute que d’autres états suivront cette tendance.

L’influence chinoise dans le domaine de l’éducation passe aussi par la multiplication des accords de reconnaissance des diplômes entre les universités chinoises  et étrangères, ce qui permet aux étudiants étrangers de poursuivre plus facilement leurs études en Chine au niveau supérieur (master).

Enfin, la Chine offre aux étudiants étrangers les plus brillants la possibilité de rester en Chine pour développer leurs projets. Ainsi, depuis 2015, la Chine offre des visas spécifiques pour les étudiants étrangers qui les autorisent à rester et travailler en Chine jusqu’à cinq ans après l’obtention de leur diplôme. Cette mesure  pourrait permettre à la Chine de capter les talents internationaux dans les hautes-technologies et concurrencer les centres de recherche américains.

L’excellence britannique le long des nouvelles routes de la Soie

La Chine n’est pas l’unique pays à s’intéresser à l’aspect éducatif des nouvelles routes de la Soie. Alors que le Royaume-Uni devrait prochainement (?) quitter l’Union Européenne, Londres cherche à renforcer ses relations  avec le reste du monde, et notamment avec la Chine.

Bien que le Royaume-Uni, n’ait pas officiellement rejoint la BRI, de nombreuses entreprises et institutions britanniques ont manifesté leur intérêt pour l’initiative chinoise.

Ce rapport publié par la Chambre de commerce britannique en Chine présente les atouts du Royaume-Uni pour devenir un leader de l’éducation dans le contexte de la BRI.

Le Royaume-Uni est aujourd’hui la troisième destination pour les étudiants chinois après les Etats-Unis et l’Australie. Ce sont les étudiants étrangers les plus nombreux au Royaume-Uni devant les étudiants américains avec près de 95 000 étudiants chinois au Royaume-Uni (en 2016-2017).  Le rôle de l’anglais comme langue internationale fait que les universités anglaises continueront d’attirer les étudiants étrangers et notamment asiatiques. Les instituts technologiques anglais présentent aussi des programmes innovants qui pourraient intéresser les étudiants de la BRI.

Ce rapport note aussi que le développement de la BRI pourrait provoquer une plus forte demande pour les écoles internationales le long des nouvelles routes de la Soie. Les programmes éducatifs britanniques sont aujourd’hui majoritairement appliqués dans les écoles internationales. Cette tendance pourrait s’accélérer à mesure que des projets de la BRI se réalisent.

Le développement de la BRI va aussi demander des investissements considérables dans la formation des enseignants. Pour la chambre de commerce britannique, les méthodes d’enseignement anglaises ont fait leurs preuves, et ces formations pourraient donc être confiées  à des entreprises du Royaume-Uni.

L’éducation britannique présente l’expérience, la haute qualité et le prestige pour être fortement impliquée dans les projets éducatifs de la BRI.

L’Union Européenne et l’éducation sur la BRI

La BRI est aussi une formidable opportunité pour les pays membres de l’Union Européenne d’accroitre leur attractivité auprès des étudiants étrangers. Le contexte du Brexit pourrait renforcer l’attractivité des universités européennes pour les étudiants étrangers. Suite au Brexit, les étudiants asiatiques et chinois en particulier pourraient se tourner plus massivement vers les universités européennes.  Les étudiants chinois sont déjà parmi les plus nombreux sur le continent européen, et les accords universitaires sino-européens pourraient se multiplier à mesure que la coopération entre l’UE et la Chine progresse.  

Le Brexit pourrait renforcer l’attractivité des autres membres de l’UE de langue anglaise comme Malte et l’Irlande. Dans ce dernier pays, le contingent des étudiants chinois est déjà le second plus important après celui des Américains. Les universités européennes notamment celles offrant des programmes entièrement en anglais pourraient, elles aussi, profiter de l’essor de la BRI.

Les états européens pourraient aussi partager leurs expériences concernant la formation des enseignants dans les pays en développement le long des nouvelles routes de la Soie.

Recommandations

Tout comme les institutions britanniques, les universités européennes doivent s’intéresser au développement de la BRI, et devraient apporter des évolutions dans le domaine de l’éducation.

Au-delà des étudiants chinois, les universités européennes devront chercher à mettre en place de nouvelles actions pour attirer les étudiants des autres états de la BRI comme le Myanmar ou le Pakistan et développer des accords avec  des institutions locales.

Pour continuer à proposer un modèle éducatif européen, les universités de l’UE devront offrir de nouvelles formations répondant aux plus près aux besoins des pays de la BRI.

Enfin, une réflexion devra être menée au sein des universités et des instituts de l’enseignement supérieur européens pour proposer à l’avenir des formations totalement ou partiellement en chinois à mesure que l’apprentissage de cette langue progresse dans les pays de la BRI.

Les universités britanniques et européennes à l’assaut de la BRI
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