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Dans un entretien donné à la chaine hongkongaise « Phoenix Tv » ,  avant d’être nommé au poste de premier ministre, Boris Johnson s’est déclaré très intéressé par l’initiative « Belt and Road ». Il a appelé les investisseurs chinois à continuer leurs activités au Royaume-Uni et veut que son pays continue d’attirer les étudiants chinois. Il a aussi affirmé que son gouvernement maintiendra une politique pro-chinoise. Le Royaume-Uni a en effet été le premier pays d’Europe occidentale à rejoindre en mars 2015 la Banque Asiatique pour les Investissements dans les Infrastructures, développée par Beijing ; ce qui a incité  les principaux pays européens à entrer eux-aussi dans le capital de cette nouvelle institution, malgré le mécontentement des Etats-Unis.

Le Royaume-Uni a longtemps été la première destination pour les investissements chinois en Europe, et Londres a ouvert des secteurs considérés comme stratégique, tel que l’industrie nucléaire, aux entreprises chinoises. Si le dossier Huawei reste en suspens, le géant des télécommunications chinois devrait très vraisemblablement continuer à développer ses activités au Royaume-Uni.

Cependant, la  position britannique reste assez fragile. Dans le cas d’un « no-deal brexit », le pays pourrait voir sa dépendance aux Etats-Unis se renforcer et Londres pourrait calquer sa politique chinoise sur celle de Washington, qui reste hostile à la BRI.

D’autre part, on peut aussi se demander très sincèrement si le nouveau premier ministre britannique a compris l’essence de l’initiative « Belt and Road ». Celle-ci consiste bien sûr à renforcer les échanges et la connectivité avec la Chine. Mais la BRI a aussi pour objectif de développer des normes communes, des projets de coopération de manière multilatérale. Cela signifie que le succès de la BRI dépend en grande partie de la capacité de ses membres à faire des concessions et développer des consensus. 

Ainsi, la Chine cherche de plus en plus à monter des projets multilatéraux dans le cadre de la BRI, et serait donc moins intéressée à développer des projets uniquement avec le Royaume-Uni qui excluraient les membres de l’Union Européenne.

A travers la BRI, la Chine n’est pas dans une démarche d’imposer ses normes au reste du monde, mais d’échanger pour développer les meilleures pratiques, ce qu’elle désigne comme un partenariat gagnant-gagnant. Le Royaume-Uni devra donc accepter d’appliquer une politique plus ouverte, chose dont on peut douter actuellement.

Enfin, si la City londonienne est devenue l’une des places financières les plus impliquées dans les projets de la BRI, un hard-Brexit pourrait lui faire perdre de son influence au profit de places financières de l’Union telles que le Luxembourg.

Le Royaume-Uni, Boris Johnson et la BRI
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